À Awae, près de Yaoundé, un partenariat inédit entre acteurs académiques et secteur privé ambitionne de faire de la banane plantain un levier d’emploi massif pour les étudiants.
L’initiative vise à créer 10 000 entreprises agricoles portées par des jeunes, marquant une approche innovante de l’insertion professionnelle.
Une université au cœur d’un écosystème agricole
Le 27 mars prochain, une double cérémonie, placée sous la présidence du ministre de l’Agriculture Gabriel Mbairobé, marquera une étape clé dans la structuration de la filière banane plantain au Cameroun.
À l’initiative de la Filière Banane Plantain du Cameroun (FBPC), un accord tripartite sera signé avec la Green Spring Digital University Institute et la Empowerher Tech Foundation.
Objectif : incuber 10 000 étudiants dans un programme ambitieux intitulé :
« Un jeune étudiant, une plantation de banane plantain orientée vers un marché, un compte en banque ».
Le projet repose sur un principe simple mais structurant : permettre aux étudiants de créer leur entreprise agricole tout en poursuivant leurs études.
De la formation à l’agribusiness
Dans une première phase, 27 étudiants recevront des kits d’amorçage et participeront à une semaine d’incubation à Kribi.
À leur retour, ils planteront 15 000 vitroplants à haut rendement dans un champ communautaire mis à disposition par l’écosystème du projet.
Selon les promoteurs, la récolte pourrait générer en dix mois un chiffre d’affaires minimal de 45 millions de FCFA, grâce à des contrats de commercialisation déjà sécurisés par la FBPC.
Un levier pour l’emploi des jeunes
Au-delà de l’expérimentation initiale, les partenaires ambitionnent de déployer ce modèle auprès de près de 10 000 étudiants.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie de développement du Cameroun et pourrait contribuer à atteindre l’objectif de 10 millions de tonnes de banane plantain par an fixé par la politique nationale.
Pour les promoteurs, l’enjeu dépasse la seule production agricole : il s’agit de transformer l’université en incubateur d’entreprises rurales, capables d’absorber une partie des millions de jeunes confrontés au chômage ou au sous-emploi.












