La réaction de la FIFA à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 entre le Sénégal et le Maroc a laissé un goût amer. En condamnant publiquement le comportement de certains joueurs et membres du staff sénégalais, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a choisi une lecture partielle d’un match pourtant marqué par de lourdes zones d’ombre. Une posture qui interroge, tant par sa sévérité que par ses silences.
Sur le principe, rappeler les exigences de respect et de fair-play est légitime. Mais encore faut-il contextualiser. Or, la finale de Rabat s’est déroulée dans un climat de tension extrême, nourri par un arbitrage contesté et une gestion approximative des moments décisifs. Un but refusé dans des conditions opaques, un penalty accordé au Maroc dans les dernières secondes du temps réglementaire, une VAR à la lisibilité incertaine : ces décisions ont profondément affecté la sérénité du match. Les ignorer revient à sanctionner la conséquence sans interroger la cause.
L’angle mort du discours d’Infantino réside précisément là : dans le refus d’ouvrir un débat sur la qualité de l’arbitrage africain et sur les responsabilités institutionnelles. À aucun moment la FIFA n’a évoqué la nécessité d’évaluer la performance des arbitres, ni même reconnu l’existence de maladresses manifestes. Une omission d’autant plus troublante que la crédibilité de la CAN repose largement sur ce pilier.
Plus surprenant encore est le silence entourant le rôle de la CAF. La gestion confuse de la fin de rencontre, l’incapacité à désamorcer les tensions et une communication défaillante ont contribué à l’escalade. Pourtant, aucune critique publique, aucun rappel à l’ordre. En ciblant exclusivement le Sénégal, la FIFA donne le sentiment de protéger l’institution plutôt que le jeu.
Cette posture est risquée. Elle nourrit l’idée d’un deux poids, deux mesures et détourne le débat des réformes indispensables. Car la véritable question posée par cette finale n’est pas celle de l’émotion des joueurs, mais celle d’un football africain qui exige plus de rigueur, de transparence et de responsabilité.
Le verdict sportif, lui, ne souffre d’aucune ambiguïté : le Sénégal est champion d’Afrique. Et aucune posture venue de Zurich ne pourra effacer cette réalité.
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