(source TMB)
Annoncée par Paul Biya lors de son adresse à la nation du 31 janvier 2025, la formation d’un nouveau gouvernement continue de se faire attendre. Plus que l’acte politique, c’est une formule — « dans les prochains jours » — qui cristallise le débat, révélant le décalage entre le tempo présidentiel et les attentes populaires.
Une promesse soigneusement formulée
« C’est ce à quoi s’attèlera en priorité le gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours. » Cette phrase, extraite du discours présidentiel, a déclenché une véritable exégèse linguistique. Le Petit dictionnaire sonore y voit une expression volontairement ouverte. Les dictionnaires confirment : « dans les prochains jours » signifie « bientôt », « sous peu », « incessamment », sans fixer de délai précis. L’expression engage l’intention, pas le calendrier.
Le piège de l’urgence supposée
Une partie de l’opinion a pourtant cru y lire une échéance immédiate. Or, la nuance est décisive. « Dans les prochains jours » n’équivaut pas à « dans les tout prochains jours ». L’ajout de « tout » resserre le temps, crée une contrainte d’action rapide. En l’absence de cette précision, le président conserve une marge de manœuvre politique et stratégique.
La cohérence linguistique jusqu’en anglais
La traduction officielle du discours en anglais conforte cette lecture. In the coming days a été retenu, et non within the next few days ou in the very next days, plus contraignants. La prudence du français est ainsi fidèlement transposée, signe d’une communication maîtrisée.
Deux calendriers qui s’affrontent
D’un côté, une population impatiente, en quête de signaux forts et de départs symboliques. De l’autre, un pouvoir qui gouverne dans le temps long, ajuste ses équilibres et prépare ses décisions. Entre les deux, « dans les prochains jours » agit comme un sas politique : promettre sans se presser, annoncer sans se lier. Une constante du biyaïsme.
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