Plus de 35 000 structures commerciales contrôlées en 2025 : le chiffre, brandi par le ministère du Commerce, traduit la volonté des autorités camerounaises de reprendre la main sur les marchés. En 2026, cette politique de contrôle des prix s’intensifie, sur fond de vie chère et de pression sociale persistante.
Une offensive administrative assumée
Dans les marchés, les boutiques de quartier comme les grandes surfaces, les brigades du ministère du Commerce multiplient les descentes. En un an, plus de 35 000 commerces ont été inspectés sur l’ensemble du territoire. Objectif officiel : lutter contre la spéculation, imposer l’affichage des prix et faire respecter les tarifs homologués sur les produits de première nécessité.
Riz, huile, sucre, farine, savon : ces denrées, essentielles pour des ménages dont près de 40 % du budget est consacré à l’alimentation, sont au cœur de la surveillance. Les sanctions prévues sont dissuasives : amendes pouvant atteindre plusieurs millions de FCFA, fermetures temporaires et saisies de marchandises.
2026, l’année du durcissement
Le message pour 2026 est sans ambiguïté : les contrôles vont s’intensifier. Dans un contexte où l’inflation moyenne tourne autour de 4 à 5 %, avec des pics plus élevés sur les produits alimentaires, l’État entend afficher sa fermeté. Une posture politique autant qu’économique, tant la question du pouvoir d’achat est devenue sensible.
Les limites d’une régulation par la contrainte
Mais cette stratégie ne fait pas l’unanimité. Commerçants et économistes rappellent que le Cameroun importe encore plus de 60 % de ses produits alimentaires transformés. Sans baisse des coûts logistiques ni soutien massif à la production locale, le contrôle des prix apparaît comme un pansement administratif.
Reste un équilibre délicat : protéger le consommateur sans étouffer l’initiative économique. En 2026, le contrôle des prix sera un test grandeur nature de la capacité de l’État à concilier autorité et réformes structurelles.
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