Au Palais de l’Unité, le signal ne peut plus être ignoré. En moins de 24 heures, la pétition lancée par Maurice Kamto contre une éventuelle révision constitutionnelle a dépassé les 50 000 signatures, transformant une alerte militante en démonstration de force numérique. Dans un pays où l’opposition peine souvent à imposer son tempo, cette mobilisation éclair sonne comme un avertissement politique.
En qualifiant le projet de « coup d’État constitutionnel », le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a choisi l’affrontement frontal. Son accusation vise moins la technique juridique que l’intention politique : préparer une succession verrouillée au sommet de l’État. La possible création d’un poste de vice-président, doté d’un droit de succession en cas de vacance, cristallise les soupçons. Pour l’opposition, une telle architecture reviendrait à organiser l’après sans le peuple.
Mais la colère ne s’arrête pas là. Les prorogations successives des mandats des députés et des conseillers municipaux nourrissent un sentiment d’étouffement démocratique. À force de repousser les urnes, le pouvoir alimente l’idée qu’il ne gouverne plus seulement par l’autorité, mais aussi par le gel du calendrier électoral.
Cette pétition ne fera sans doute pas reculer, à elle seule, le régime. Mais elle révèle une vérité plus profonde : au Cameroun, la bataille pour l’avenir institutionnel a déjà commencé. Et cette fois, elle se joue aussi sur le terrain de la légitimité populaire.











